Brouillons de Culture
A propos Mon parcours L'aventure Culture Vélo                                                         

Vu sur le net !

Imagetrek

Cette semaine, en surfant sur le web, pour réfléchir sur l'usage du vélo urbain, je suis tombé sur un délire d'un graphiste parisien, vraissemblablement énervé par l'absence de vélos. Sans qu'il le sache, cet Arnaud là donne un énorme encouragement à Culture Vélo. Pourquoi ? Parce que simplement nous ne nous sommes pas trompés en encourageant, dès début 2004, les urbains à rouler à vélo et devenir VELOPOLITAINS... et en cette fin 2007, de créer la GéNEWration Vélo ! Une motivation supplémentaire pour nos équipes pour promouvoir le vélo à notre façon.

Vous souvenez-vous de votre 1er vélo ?

Il reste l’un des Noël les plus beaux de ma vie. Un jour où comme un miracle, le bonheur tombe de la cheminée. C’était une surprise, mais une surprise imaginée, voire attendue. Trois mois avant, durant les célèbres achats de fournitures scolaires de la rentrée, nous sommes tombés, ma mère et moi face à une compétition organisée par la presse quotidienne locale, basée sur un gymkhana, sorte de parcours sportif, mais pour enfants de moins de treize ans, et à vélo !

Dans cette sombre et bruineuse fin d’après-midi, j’ai vu une étoile filante passée. Un jeune garçon sur une machine étincelante qui jonglait avec son vélo au travers des quilles servant d’obstacles. Ce fût un coup de foudre. Je venais de voir ce que j’avais imaginé, un vrai vélo de course miniaturisé. Une machine couleur or, brillante, belle, gracieuse. Ma mère a perçu immédiatement mon émotion.

A l’arrivée du garçon, proche de nous, elle le questionna. Le vélo avait été élaboré par une marque française avec des composants conformes à ceux utilisés par les plus grands coureurs du moment. Ils étaient conçus à une échelle moindre respectant les besoins de l’enfant. C’était une pièce unique. Les boyaux – pneumatiques collés sur les jantes- venaient d’Italie et les dix vitesses en faisaient une singularité exceptionnelle. Il portait la marque Gitane et affichait les bandes arc-en-ciel du Championnat du Monde. Sur la partie haute des haubans, étaient même inscrites, gravées dans la masse, les initiales du jeune propriétaire. Le constructeur l’avait produit pour faire plaisir au père de cet enfant. Par sa monture, et peut-être par sa notoriété et position sociale que je ne connaissais pas à l’époque, l’enfant était au centre de la quarantaine de cyclistes en herbes. Je ne sais, s’il avait fourni le meilleur temps du gymkhana, mais il se présentait comme le fédérateur, le copain de tous. Nous avons quitté la fête. Mes parents savaient alors qui ils devraient contacter pour parler puis tenter d’acheter ce vélo.

Pour le jeune garçon, pilote du vélo, l’adolescence arrivait et ce genre de machine n’était plus le centre d’intérêt. La musique, la danse, et les filles sans doute prenaient plus d’importance. Et son père, bien que nostalgique du vélo, accepta de le céder à mes parents.

Parfaitement caché, il réapparu ce matin de Noël. La légende du Père Noël commençait à me poser de sérieuses questions. Mais ce jour là, tous les doutes furent supprimés. Et pour la première fois, le vélo me faisait découvrir la réalité de la vie. Malgré l’hiver et le froid, je crois que je n’ai pas passé un jour de mes vacances de Noël, sans l’utiliser. Mon père m’avait positionné sur la machine, et les jambes n’étaient pas encore tout à fait ajustées, car trop courtes. Néanmoins le déhanchement permettait une utilisation encore frêle mais efficace. Les départs et arrivées devaient juste se faire contre un mur, une voiture, une paroi, pour plus de sûreté, et le freinage était encore difficile. Mais je roulais sur la plus belle des machines…et dans ma tête, j’étais déjà devenu un coureur. J’ai passé trois années de ma vie, avec ce vélo dans ma chambre, jour et nuit. Placée au premier étage, ce n’était pourtant pas simple de le porter. Mais j’étais rassuré tous les soirs en m’endormant, de voir ses reflets dorés, illuminer mon petit domaine.



Vingt deux ans plus tard, le père de l’enfant propriétaire du vélo, m’intégrait dans son entreprise ! Monsieur José Alvarez.

J’ai toujours ce vélo aujourd’hui, repeint, remonté avec quelques composants actuels, il fut quelque temps le vélo de mon fils.