Test nouveau Trek Madone 8e Gen.

Entreprise fondée en 1976, Trek a toujours innové au fil des sorties de modèles que ce soit sur route, en VTT, en ville et bien plus encore. Cette fois-ci pourtant, tout est différent : Trek présente la 8ème génération de Madone comme le plus grand lancement de l’histoire de la firme. Et pour cause, la promesse du modèle est à la hauteur de l’annonce : réunir les atouts de l’Emonda et du Madone afin de créer un vélo polyvalent et performant sur tous les terrains. Aperçu au Critérium du Dauphiné cette année, ce vélo sera très probablement utilisé par l’équipe Lidl-Trek sur les routes du Tour de France.

Le modèle se veut aussi rapide et aérodynamique que le Madone et aussi léger et dynamique que l’Emonda. L’objectif est clair : créer un vélo performant et sans compromis. Pour cela, Trek propose une gamme variée dans une fourchette tarifaire toute aussi large (de 3559€ à 16399€) déclinée en deux familles : les Madone SL et Madone SLR. Pour ce test, j’ai eu la chance d’essayer le Madone SL7 8ème gen.

Le Madone 8ème gen. a une forme similaire que l’on soit devant un modèle SL ou SLR. Visuellement, on retrouve les lignes du Madone 7ème gen. affinées, notamment avec la technologie IsoFlow si caractéristique de ces modèles au niveau du tube de selle. J’ai vraiment apprécié le coloris de ce modèle, avec une peinture mate qui habille très bien les lignes du vélo. La touche de rouge orangé au bout de la fourche et du triangle arrière peut surprendre, mais ajoute selon moi une touche originale et colorée à l’ensemble du vélo. Le choix de pneus à flancs marron complète cette esthétique soignée.

Présentation

Le modèle que j’ai pu tester est donc le Madone SL7. Madone SL le plus haut de gamme, juste avant de passer sur les SLR, le SL7 est (comme toute la nouvelle gamme) proposé avec une nouvelle charte de tailles. Fini les chiffres, place désormais aux tailles plus universelles et plus simples à choisir. Les vélos sont donc proposés en six tailles contre huit auparavant : XS pour 47, S pour 50, M pour 52 et 54, M/L pour 56, L pour 58 et enfin XL pour 60 et 62. Avec des tubes au design optimisé pour chaque taille, le nouveau Madone peut ainsi s’adapter à toutes les tailles et morphologies.

À l'instar du Madone 7ème gen., le Madone de 8ème génération propose la technologie IsoFlow. Destinée au confort et à l'aérodynamisme, cette structure venant modifier la jonction entre le tube supérieur et le tube de selle possède de nombreux atouts. Le confort est amélioré grâce à la forme du mat de selle qui peut venir travailler en souplesse lorsque des vibrations se font ressentir sur la chaussée. La forme ovale de la structure IsoFlow améliore quant à elle l'aérodynamisme du vélo le rendant plus rapide sans compromettre son confort.

Le Madone SL7 8ème gen. est équipé d’un cintre en carbone Bontrager RSL Aero et d’une potence RCS Pro de la même marque. Bien que ce ne soit pas le cintre-potence monocoque Trek Aero RSL, cette combinaison proposant un câblage quasiment intégré est confortable et aérodynamique. Le poste de pilotage est selon moi un des plus gros atout de ce vélo. L’ergonomie du cintre est soignée et c’est un vrai plaisir que d’avoir les mains posées sur ce dernier quelle que soit la position. Il est intéressant de noter que la partie basse du cintre a été légèrement écartée vers l’extérieur par rapport aux leviers afin d’ajouter du contrôle et de la stabilité au pilotage, un peu à l’image des cintres de certains modèles gravel.

Les roues présente sur ce Madone sont des Bontrager Aeolus Pro 51 en carbone de 51 mm de hauteur. Associées à des pneus Bontrager R3 Hard-Case Lite montés en tubeless, ces roues sont d'un confort complètement bluffant. Même sur les routes que je parcoure toute l'année où le revêtement laisse à désirer, les roues naviguent sur les aspérités sans que l'on ressente de vibrations ou d'à-coup.

Pour compléter l'équipement de ce Madone SL7, Trek a prévu un groupe Shimano Ultegra Di2 reconnu pour sa fiabilité. Seul point noir, le vélo est équipé d'une transmission 12 vitesses avec des plateaux de 50 et 34 dents et d'une cassette en 11-34. Je trouve que ça limite légèrement la plage d'utilisation notamment en course ou lorsqu'on roule à haute vitesse. Le passage de vitesse est fluide et rapide, ce qui est un véritable atout pour un vélo axé sur la vitesse et la performance.

Annoncé à 7,88 kg pour la taille M/L, ce Madone SL7 8ème gen. correspond à l’objectif d’entre-deux de la gamme avec un poids compétitif pour son prix de 6559€. En comparaison avec l’ancienne génération et pour un aérodynamisme similaire, Trek a allégé le Madone SLR de 320 grammes. En effet, si les modèles SL conservent le carbone OCLV 500, le SLR passe lui à l’OCLV 900. Cette nouvelle génération de feuilletage carbone voit sa résistance augmenter de 20 %, permettant ainsi d’alléger le cadre.

Sur le terrain

J’ai eu l’occasion de tester le vélo sur plusieurs types de terrain : dans les petits vallons du Gers et sur les routes plus sinueuses des cols de la Montagne Noire dans l’Aude et le Tarn. Cette diversité m’a permis de bien appréhender le caractère polyvalent de ce tout nouveau Madone. Pour tester le confort du vélo, j’ai réalisé des sorties de différentes longueurs de 50 à 150 kilomètres et sur plusieurs profils, de 200 à 2500 mètres de dénivelé.

L’appréciation globale que j’ai eu dès le départ est que ce vélo est une véritable bête de course. Le confort de ce vélo, mis en perspective avec la promesse d’aérodynamisme, de vitesse et de rigidité est remarquable, aidé notamment par la technologie IsoFlow. Toutefois, il peut être remis en cause sur les longues sorties assez intenses où la rigidité peut passer de l’avantage à l’inconvénient. Cette rigidité rend le vélo nerveux et réactif et je l’ai ressentie surtout dans les roues et le triangle arrière, ce qui est appréciable lors de relances ou de sprints.

Sur profil plat

Sur le plat, le nouveau Madone n’a rien a envier à l’ancienne génération… Pour un aérodynamisme similaire, il est même plus léger ! Ce qui m’a le plus étonné est l’inertie des roues. Même si la hauteur des jantes est prévue pour ce type d’exercice, on sent réellement le rythme qui est maintenu par le vélo. Sur les relances, le Madone est très efficace et j’ai bien senti toute la nervosité que propose ce modèle. Le Madone SL7 est également rapide et peut vous emmener loin si vous lancez un sprint ou une attaque ! Le cadre et ses tubes intelligemment profilés exploitent tout leur potentiel lors de ces longues portions de plat.

En montée

C'est sur ce terrain que j'étais curieux de voir les performances du Madone SL7, et je n'ai pas été déçu ! Sur des bosses courtes, le vélo excelle. Il retransmet bien l'énergie dans les vallons et on sent le rendement à chaque coup de pédale. Dans des montées plus longues et les cols, le vélo est également très efficace. Forcément nous n'avons pas affaire à un vélo ultra-léger dédié à la montagne, mais le SL7 accompagne avec aisance les changements de rythme. Je craignais de ressentir le profil des roues dans des pentes à forts pourcentages et finalement le Madone répond bien quelle que soit l'inclinaison ou le type d'ascension.

J’ai bien senti que ce vélo tirait certaines de ses caractéristiques de l’Emonda. Le principal atout en montée est selon moi la rigidité et la nervosité du triangle arrière lorsque l’on est en danseuse. L’hybridation entre les deux modèles est maîtrisée et agréable à rouler. Déjà évoqués plus haut, l’ergonomie et le design du cintre sont impressionnants notamment en montée où j’ai l’habitude de changer fréquemment mes mains de position en fonction de mon rythme. Dans l’ensemble, je suis agréablement surpris du Madone SL7 lorsque la route s’élève !

En descente et à haute vitesse

Après la montée, la descente ! J'apprécie particulièrement descendre et je suis assez vigilant sur le comportement du vélo dans ce type d'exercice. Dans les courbes et les épingles, le Madone est rassurant et suit efficacement les trajectoires. Le freinage est excellent grâce aux freins à disques hydrauliques Shimano Ultegra qui offrent un freinage progressif et confortable mais aussi plus mordant et net si besoin. La nervosité est également présente dans les relances. Plus globalement, lorsque j'ai roulé à haute vitesse, j'ai senti que les roues Aeolus Pro 51 apportaient une grande stabilité à l'ensemble en plus de l'inertie qu'elles proposent.

Points forts

  • Confort des roues et des pneus
  • Ultra-polyvalence sans compromis
  • Ergonomie du poste de pilotage

Points faibles

  • Denture du pédalier un peu limitée
  • Rigidité sur les longues sorties intenses

Caractéristiques techniques

Trek Madone SL7 8ème gen. - 2025

  • Cadre carbone OCLV série 500 - technologie IsoFlow
  • Transmission Shimano Ultegra Di2 : plateaux 50-34 et cassette 12 vitesses 11-34
  • Freins Shimano Ultegra R8100 et disques de 160 mm
  • Roues Bontrager Aeolus Pro 51 de 51 mm de hauteur
  • Pneus Bontrager R3 Hard-Case Lite Tubeless de 28 mm
  • Cintre Bontrager RSL Aero, OCLV Carbon
  • Poids : 7,88 kg (en taille M/L)
  • Prix public conseillé : 6559€

Bilan du test

Le Trek Madone SL7 8ème gen. est une véritable bête de course mais aussi une machine à tout faire ! Aucun terrain ou profil ne met à mal ses performances et il réalise l'exploit de proposer un équilibre aérodynamisme-légèreté assez bluffant. Que ce soit en montée ou sur du plat, sur les sorties dominicales ou en compétition, ce vélo se distingue par son adaptabilité. Là où certains vélos sont efficaces sur plusieurs points mais n'ont pas de spécialité, le Madone SL7 concurrence à lui seul des vélos légers en montagne et des vélos aéros sur le plat ! Idéal pour tous ceux qui ne souhaitent pas faire de compromis sur leur choix de modèle, ce Trek sera performant et confortable quel que soit votre terrain de jeu.

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Nouvelle gamme Madone