Rémy, notre pilote maison vous raconte sa Mégavalanche

Bienvenu à la Mégavalanche de L’Alpe d’Huez pour la course de VTT descente marathon la plus longue et plus mythique du monde !

Véritable Mecque du VTT engagé, c’est environ 2000 participants qui se donnent RV dans la station la semaine du 3 au 9 Juillet. Les meilleurs pilotes de chaque pays viennent se mêler à la bataille en rêvant d’accrocher cette course à leur palmarès.

Le plateau de top pilotes professionnels est incroyablement long.

Pour la victoire j’hésiterais entre Damien Oton, très en forme en ce moment, Rémy Absalon multiple vainqueur de l’épreuve & Francois Bailly Maitre avec son physique de mobylette. Attention quand même à quelques « outsiders » du genre Martin Maes et Sam Hill !

Revenons à la réalité, mon objectif sera de survivre, rallier l’arrivée avec le pilote et le bike en un seul morceau et si possible battre mon record personnel en 10 tentatives : une 39ème place qui commence à dater fortement !

Reconnaissances du Mercredi et Jeudi

Le parcours de la course dure autour de 50min à rythme race avec environ 30 kms et 2600d-. Il se décompose en plusieurs parties bien distinctes et bien spécifiques :

  • Le départ sur le glacier à 3300m : grosse zone très sensible qui conditionne toute la course. Ça peut se dérouler en 4min à 80km/h si la neige est dure ou en 20min de course à pied si la neige est molle. Ça peut être tout de suite la fin des espoirs de bonne place en cas de chute. Pour donner une petite idée, 2 photos du départ 2016 sur le glacier !

  • Le pierrier : des pierres fixes, des pierres mobiles, des petites, des grosses, des blocks énormes, des multitudes de traces plus ou moins engagées, des concurrents énervés partout et les pneus trempés ! Encore une zone critique où la chute fait très mal et où les fabricants de pneus et de roues se frottent les mains !
  • Le physique autour de l’Alpe : le milieu du parcours est une longue traversée, avec plein de parties physiques qui se conclue en apothéose par la côte de l’Alpe d’huez. C’est dans cette zone que la victoire et les places se font avec le soutien d’un public en grande forme !
  • Passage des paravalanches : une fois la côte avalée, on bascule enfin dans la pente et dans une multitude de virages relevés qui amènent à Oz en Oisans
  • Forêt de Sardonne : le final est super agréable à rouler et se fait en sous-bois jusqu’à l’arrivée à Allemont à 720m d’altitude.

A côté de la course, le parcours de la Qualification pourrait passer pour une balade de santé.

Il dure environ 18min entre le Dôme des Rousses à 2700m et l’arrivée à l’Alpe d’Huez.

Ça commence par des virages serrés sur un chemin de 4x4 truffé de pierres. Ensuite un premier névé où il faut jouer les équilibristes puis une immense dalle derrière.

Le milieu de qualification se fait sur des pistes permanentes avec pas mal de caillasses et autant d’occasions de crever ou casser. Une grosse portion de traversée physique commune avec la course.

Et enfin une piste permanente en bord de route avant l’arrivée physique au palais des congrès de l’Alpe d’huez.

Qualification vendredi

La qualification conditionne la place sur le glacier le lendemain.

Une place en ligne A ou B, c’est un glacier sans trop de traces/ornières et avec une vue relativement dégagée sur les murs enneigés dans lesquels il faut s’engager.

Au-delà c’est gros risque d’ornières, de chutes, de bouchons, de galère et de perte de temps.

On ne va pas se le cacher, le graal ce serait la ligne A mais être dans les 30 meilleurs pilotes du monde, vu le plateau ce serait carrément de l’optimisme ! Je fais un départ assez moyen, autour de la 5ème place.

Je négocie assez mal le 1er névé dans lequel je me bloque complètement et je peine à reprendre de la vitesse sur la dalle.

Par souci de sécurité, j’ai monté des pneus 2 ply, pour ne pas crever, mais je suis complètement collé dans le physique.

Je serre les dents au maximum pour limiter les dégâts mais je sens que ça coince et que le rythme ne casse pas des briques. Je termine 8ème de ma vague en 18min10s.

Avec mon dossard 804, j’ai pris 1min55s par Thomas Lapeyrie du team Sunn qui a fait le meilleur temps absolu de toutes les vagues.

Ça fait mal au moral…c’est dur, et ce sera donc une assez décevante ligne C.

Dimanche il faudra vraiment être tranchant sur la neige sous peine de finir aux oubliettes !

Samedi, veille de course

Reconnaissance pour bien mémoriser le parcours ? Pas de reconnaissance pour avoir du jus le lendemain pour la course ?

Je décide de prendre l’option reconnaissance et faire une course complète soit 30 bornes, 2600d- et environ 1h05 de descente à rythme reconnaissance.

Histoire de se remémorer une dernière fois les multiples options possibles.

Dimanche RACE day

Dimanche c’est la « guerre », impossible de monter au Pic Blanc, un vent de fou, et des éclairs qui foudroient le sommet.

Le comité d’organisation passe à 2 doigts de rester coincé au sommet. La mort dans l’âme mais pour notre sécurité, ils sont obligés de préparer dans l’urgence un départ plus bas à 2200m seulement.

La méga 2017 sera donc une « demi-méga », sans glacier et sans le gros pierrier du haut.

Beaucoup d’attente, de doutes, et une sorte d’ascenseur émotionnel, il faut rester dans le match !

Sans que je m’en rende réellement compte, mon départ se passe certainement assez bien, compte tenu de ma ligne C.

J’ai des concurrents devant mais pas une centaine, alors on ne lâche rien et on essaye de se faufiler pour s’extirper au mieux des bouchons.

Nous déroulons ensuite sur une partie de la piste de la qualification avant de reprendre vers l’Alpe, le tracé initial de la course.

Je suis assez agréablement surpris quand on m’annonce 40ème, à 1 place de mon record, en bas de la grosse côte à l’Alpe.

Mon objectif pédale juste devant moi, avec un maillot rocky sport, alors forcément, je suis tout excité et je m’arrache en alternant les phases assisses et danseuses !

J’envoie tous les watts qui restent dans la fameuse montée, il y a du public partout qui hurle, j’entends des encouragements, parfois mon nom, des pouets pouets, des vouvouzela, merci les gars !!

Je suis tellement cuit que mes yeux ne voient que mon pneu avant mais je parviens à dépasser quelques pilotes encore plus rôtis que moi.

Nous basculons enfin dans la pente et le long single à flanc, qui permet de récupérer un peu, au moins du souffle.

Le rythme du gars qui me précède est bon en descente, et me permet de rouler sur un tempo rapide sans faire de folies, j’en profite pour récupérer un peu.

A chacun des 3 ou 4 coups de cul qui jonchent la fin du parcours, je mets un coup de turbo et je dépasse 1 ou 2 concurrents.

Entre les coups de cul, je m’emploie à tenir ma place car ça pousse derrière !

Il commence à y avoir pas mal de poussière et on commence à rouler vraiment trop vite sans visibilité !

Je franchis la ligne complètement ratatiné, et perdant une place au sprint final malgré tous mes efforts.

Aaaaah c’est enfin fini !!

Résultats

La victoire est pour Damien Oton qui a enfin pu terminer une méga sans pépin.

Votre humble narrateur finira 30ème, très satisfait de sa course et ultra motivé pour la méga 2018 !

Remerciements

Un grand merci à Culture vélo Blagnac pour son soutient depuis de longues années maintenant. Un grand merci à Monsieur Lionel Saez pour les heures de bricolage incessantes !

Culture Vélo Toulouse - Blagnac

Pierre Canovas
4 impasse Emile Zola Zone commerciale E.Leclerc
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