Les conseils Culture Vélo

Rétablissons la vérité autour des freins à disques

Ils ont fait les gros titres ces dernières semaines.

Ils ont été diabolisés par la presse puis par les fédérations.

Dorénavant interdits des pelotons (pro et amateurs), il est cependant temps de remettre les choses à leur place et s’intéresser réellement à eux, en listant leurs plus et leurs moins, sans parti pris au moment de l’écriture de l’article.

RAPPEL HISTORIQUE

Les freins à disques peuvent vous sembler nouveaux (on en a jamais autant parlé), pourtant cela fait de nombreuses années qu’ils ont fait leur apparition sur nos vélos.

Au-delà d’être la norme sur tous les VTT du marché, ils se sont également imposés majoritaires sur les vélos de cyclo-cross (même si, pour être honnêtes, certains champions comme Sven Nys , après les avoir testé, ont préféré repasser sur des cantilever).

Alors, lorsque l’on entend parler d’innovation technique, il faut se rappeler que ce système est apparu au début des années 2000 (d’abord sur les VTT de descente, puis ensuite sur des pratiques moins engagées).

LES DIFFERENTS TYPES DE FREINS A DISQUE

Les freins à disque se séparent en deux principales catégories.

Tout d’abord, ceux à freinage hydraulique (avec de l’huile dans les gaines, qui avec la pression de cette huile au moment de l’action sur les leviers, actionne le mécanisme de freinage sur les pistons qui viennent coincer le disque présent sur la roue et donc freiner). C’est le système le plus utilisé, quelle que soit la pratique (VTT, Cyclo-X, Route,…) car il est le plus efficace.

Ensuite, il existe également les freins à disque mécaniques qui, eux, fonctionnent grâce à la tension d’un câble qui vient actionner le mécanisme de l’étrier et également mordre le disque présent sur les roues. Les freins à disque mécaniques sont pour la plupart du temps installés sur des vélos d’entrée / moyenne gamme. Ils sont moins couteux que les hydrauliques mais aussi moins performants.

Ensuite, de nombreux modèles sont disponibles, avec des diamètres de disques plus ou moins grands (plus le disque est grand en diamètre, plus le freinage sera puissant).

LES FREINS A DISQUES POUR RENDRE VOS VELOS OBSOLESCENTS ? FAUX !

Les opposants à cette technologie sur les vélos de route sont nombreux. Nombreux sont ceux qui affirment que cette technologie a été introduite sur les vélos de route par les marques afin de forcer les pratiquants à renouveler leur matériel.

En effet, installer des freins à disque sur un vélo de route n’est pas anodin. Vous ne pouvez pas acheter votre lot de freins et l’installer sur votre cadre.

Pour pouvoir installer des freins à disque sur un vélo de route, vous devez tout d’abord avoir un kit cadre prévu à cet effet : des pattes de fixation sur la fourche (qui doit être renforcée pour supporter la puissance du freinage) et les haubans arrières du cadre.

Ensuite vous devez avoir des roues vous permettant de fixer les disques (moyeux spécifiques). Enfin votre transmission (du moins les commandes) doit être actualisée car vous ne pouvez installer des leviers de freins (comme en VTT) indépendants de vos gâchettes de vitesse.

Pour être clairs, pour rouler sur un vélo de route à freins à disque, vous devez adopter un nouveau vélo.

Mais dire que les marques ont introduit cette technologie pour créer une obsolescence sur les vélos à freins à patins est faux.

L’offre de vélos de route à freins à disque est aujourd’hui encore très minoritaire. La plupart des marques proposent des modèles sur leur gamme confort/endurance mais encore très peu ont une gamme complète, à savoir : vélo de route loisir, vélo de route de compétition (lightweight et aéro) et vélo de route confort.

Par exemple, sur le catalogue Culture Vélo, sur l’ensemble des vélos de route proposé, 17% sont équipés de freins à disques.

On est très loin du « Maintenant avec les freins à disques, je vais devoir faire changer mon vélo car je ne trouverai plus de pièces pour entretenir le mien », les freins à patins ont encore de beaux jours devant eux.

POURQUOI AVOIR INTRODUIT LES FREINS A DISQUES SUR VELO DE ROUTE ALORS ?

Mais alors, si ce n’est dans un pur esprit machiavélique armé d’un grand support marketing, pourquoi les freins à disques ont-ils été introduits sur les vélos de route ?

La réponse est assez simple : pour notre confort et notre sécurité !

Pour ceux qui ont besoin d’être convaincus, allez essayer ces vélos et jugez en par vous-même, fiez vous à vos sensations et non au discours d’autres personnes.

Le freinage est en effet plus puissant (permis par le ratio hydraulique : rapport entre les pistons du maître cylindre et les pistons de l’étrier), mais il est également plus progressif ! Ce qui signifie que vous vous arrêterez plus vite mais sans bloquer vos roues (là où est le vrai risque de chute).

Même en cas de freinage d’urgence suite à une erreur de trajectoire (par exemple), vous ne vous retrouverez pas à slider de la roue arrière.

Petite question ? Avez-vous déjà roulé avec des roues en carbone par temps de pluie ?

Malgré les efforts des fournisseurs pour améliorer ces situations, soyons honnêtes, le freinage est tout sauf optimal.

Avec les freins à disques, vous freinerez (à peu de choses prêts) aussi bien par temps de pluie que par temps sec (bien sûr vos pneus ont également leur rôle à jouer dans cette situation).

Pourquoi ? C’est tout simplement physique : le diamètre de la zone de freinage (la jante) pour le freinage classique est bien plus grand que sur les disques. Pour bien freiner en temps de pluie, l’eau doit tout d’abord être évacuée par les patins ou plaquettes sur la zone de freinage.

Forcément avec une surface bien plus petite, cela va beaucoup plus vite… et donc propose un meilleur freinage.

Vous faites plus de 75 kilos et faites des cols ?

N’avez-vous jamais remarqué que vos roues carbones surchauffaient après une descente à plus de 50 km/h de moyenne ? C’est normal, cette pratique extrême met à rude épreuve les roues en carbone…

Avec des freins à disques vos roues ne seraient pas soumises à la même épreuve, les disques sont en acier, et supportent donc beaucoup mieux les hautes températures, un matériel plus résistant sur lesquels les trous usinés sur les disques permettent d’évacuer la chaleur.

Autant de raisons qui font que les freins à disques sont plus confortables à l’usage pour le cycliste que des freins à patins.

OUI, MAIS EN COURSE C’EST DANGEREUX NON ?

Ce qui est dangereux n’est pas le disque en lui-même (les éléments "tranchants" sur le vélo ne sont pas nouveaux : Rayons plats, Plateaux,...) , on a vu très peu de coupures dues à ces disques (soit-disant tranchants), voir la vidéo ci-dessous.

Ce qui est dangereux, c’est que les distances de sécurité ne soient pas les mêmes pour tous dans un peloton.

Lorsque l’on roule à 60km/h et qu’un événement imprévu vous demande de piler, si la personne juste devant vous (à 10cm) met 2 secondes à s’arrêter et que vous, en mettez 5, forcément vous n’allez pas pouvoir l’éviter.

Cependant, on pourrait dresser le même parallèle dans les pelotons lorsqu’une personne a des roues carbone et l’autre des roues en aluminium.

Le frein à disque a de plus été intégré dans le peloton professionnel sans cahier des charges précis pour les équipes et les marques de cycles (par exemple faire des courses tests avec un peloton équipé à 100% de freins à disque).

Mais honnêtement, parmi les nombreux pratiquants du cyclisme sur route, combien le pratiquent en compétition et à haut niveau ?

Le problème avec le débat autour des freins à disque, c’est que l’on a diabolisé une avancée technologique en se basant sur les conséquences que peuvent avoir cette technologie sur des professionnels qui ont une manière bien particulière de rouler.

Vous n’êtes pas professionnels et pour la plupart d’entre vous, roulez seuls ou en petits groupes, vous n’êtes donc pas exposés aux mêmes dangers !

Ce débat sur les freins à disque est donc un faux débat, certes cela peut être dangereux pour des compétiteurs roulant à de vives allures en groupe (de plus, pour les pros, cela nécessite d’avoir différentes roues dans les voitures ou motos d’assistance) mais c’est surtout un grand gain en terme de confort et de sécurité pour les amateurs non compétiteurs !

A chaque pratique, son matériel. Les pros ont besoin d’un certain matériel et les amateurs d’un autre.

Les amateurs ne doivent pas chercher à imiter les professionnels, au détriment de leur confort et de leur sécurité,…

Rappelons que d’autres efforts ont besoin d’être faits en terme de sécurité, au lieu de s’éterniser sur les freins à disque, par exemple, dans le monde pro comme amateur : la cohabitation entre les cyclistes et les véhicules motorisés

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