Se préparer à la MB Race : l'importance du mental

Se préparer à la MB Race : l’importance du mental

Se préparer à la MB Race : l’importance du mental

Nous sommes maintenant à moins de 6 mois du grand départ de la MB Race ! C’est le mois de janvier et la nouvelle année, il est donc temps d’attaquer (ou de reprendre) la préparation… Et il est important d’avoir toutes les clés pour optimiser cette préparation.

Crédit photo : ©Jérémie Reuiller

Si évidemment des sujets comme le plan d’entrainement, la nutrition, le matériel sont très importants, il ne faut pas négliger un élément central de la réussite d’une course comme la MB Race : votre tête !

Et oui, la préparation mentale doit faire partie intégrante de votre entrainement, car pour aller au bout des 140km, les jambes comptent évidemment, mais si la tête ne suit pas, vous risquez de ne pas aller très loin… Renaud Blanc, 11ème de la MB Race en 2022, membre du team MB Race et préparateur mental vous en dit un peu plus…

En quoi la préparation mentale est importante pour aborder une course comme la MB Ultra Somfy ?

Une course comme la MB Ultra Somfy demande une préparation physique à hauteur du défi : Il faut être endurant, fort et concentré. Mais pour libérer au mieux votre énergie, il faut que la tête tourne aussi rond que les jambes.

En effet, un cerveau qui tourne mal consomme jusqu’à 20% du glucose et 80% de l’oxygène alors qu’il ne représente que 2 à 3% de notre masse corporelle totale. Sur un effort aussi long que la MB Ultra, cela vous laisse imaginer la perte de performance causée par votre tête alors que la préparation physique s’est déroulée à merveille… On a tous déjà vécu une course où l’on se sentait en jambes le jour J et où pourtant le résultat final n’a pas été à la hauteur des espérances. Justement car ces espérances ont été trop fortes, trop projetées avant même le départ rendant le corps serré, tendu, stressé …

Crédit photo : ©Jérémie Reuiller

Le principe de la préparation mentale, c’est que si un athlète gère bien son énergie, ses émotions et son estime de soi, il se trouvera dans sa zone de fluidité et pourra performer, c’est-à-dire libérer son potentiel et donner le meilleur de lui-même.

A l’image d’un plan d’entrainement, est ce qu’il faut mettre en place un « plan d’entrainement mental » ?

Plus qu’un plan d’entrainement il s’agit d’une méthode qui se base sur le travail de la maitrise de trois paramètres : énergie – émotions – estime de soi. L’idée est d’apporter aux athlètes les outils appropriés pour qu’ils puissent s’exprimer sans retenue. Après un test initial d’évaluation à la performance, on identifie les axes de travail à prioriser selon l’un de ces trois paramètres. Nous ne sommes pas tous égaux face à la gestion de ces paramètres : on a tous des capacités intrinsèques différentes mais aussi eu une éducation différente, des valeurs différentes, des croyances fortes ou limitantes…

Nous sommes tous uniques face à quelque chose que l’on veut réaliser. Certains géreront mieux leurs émotions mais moins bien leur estime de soi et vice versa… La méthode nécessite environ 10 à 14 mois selon les individus pour en faire le tour et pouvoir rassembler le plus régulièrement possible les ingrédients pour être en zone de fluidité et donc en zone de performance.

Crédit photo : ©Jérémie Reuiller

La préparation mentale relève donc plus d’un travail de tous les jours plus que d’un plan pluri mensuel. Il s’agit plutôt d’amener l’athlète à mieux se connaitre pour pouvoir mieux savoir s’écouter et décider le jour J. On entends par là qu’un athlète qui sait s’écouter, respecter son corps et ce qu’il demande à son corps sera plus libéré et donc performant. L’idée est donc de développer une intelligence émotionnelle qui va permettre, petit à petit, de se mettre dans les meilleures dispositions mentales possibles afin de laisser les capacités physiques s’exprimer librement et ne mobiliser que les muscles nécessaires à la performance.

Maintenant que l’on a bien saisi ce qu’était la préparation mentale, peux-tu nous dire comment aborder une course comme la MB Ultra Somfy ?

Le piège avec la MB Ultra Somfy est de s’en faire toute une montagne (et c’est le cas de le dire au vu du dénivelé…). Le cerveau est modulable, il n’est pas figé. Cela signifie qu’il est capable de prendre le meilleur mais aussi le pire pour se nourrir…

L’enjeu est donc de désacraliser la course et de la découper en plusieurs efforts. Si on envoie le signal au cerveau du bloc entier 140KM/7000M D+, il va paniquer. Il vaut mieux lui dire que c’est 70 + 30 + 40 et de les prendre comme ils viennent, en fonction du moment présent.

Crédit photo : ©Victor Ramseyer

La première erreur mentale avec la MB Race arrive dès l’inscription, ce moment où l’on va naturellement se fixer l’OBJECTIF d’être finisher. Mais objectif = pression ! Et cela implique du stess, de la contrainte, une obligation, du contrôle…

Sans pouvoir développer toute la méthode et donner toutes les clés en un seul article, l’essentiel est de retenir qu’il faut mentalement minimiser une telle course afin de libérer le cerveau de toute pression inutile en amont. Vous pouvez bien envisager 1000 scénarios de la course, le seul résultat sera de vous tendre et de vous rendre nerveux car personne ne connait le scénario réel.

En amont de la course, il faut seulement s’attacher, par anxiété, à préparer au mieux son plan d’entrainement physique, son vélo, son plan de nutrition, sa stratégie globale de course… mais il ne faut en aucun cas se fixer l’objectif d’être finisher. Plus vous vous mettrez la pression à être finisher et plus cette ambition (et non objectif) sera inaccessible. Car l’ambition c’est la volonté contrairement à l’objectif qui se traduit par de la pression. L’ambition revient à dire je veux, je maitrise, mais tout cela en fonction du moment présent… Raisonner ainsi va vous permettre de laisser le corps et la tête au repos, de rester concentré sur vos préparations physiques et matérielles et de garder votre tête fraiche.

Et le jour de la course, on gère comment ?

Le jour J, je le redis, il faut une tête fraiche ! Pour avoir une tête fraiche, il ne faut se fixer aucun objectif, pas même celui d’être finisher et faire sa course en étant dans le moment présent. C’est à dire en gérant en fonction de son énergie du moment, de ses émotions du moment, de son estime de soi du moment.

Il y a des matins où malgré une nuit pleine, on se lève fatigué et ça, la science ne sait pas l’expliquer. Garder à l’esprit que peut vous arriver le matin de la MB Ultra et vous ne le saurez même pas la veille au soir…

Mais si la préparation physique a été bonne sur les mois précédents alors cela donne la certitude, la bonne estime de soi, qu’avec une bonne gestion mentale le jour de la course, le corps pourra permettre de donner l’énergie nécessaire à réaliser une course pleine.

Crédit photo : ©Jérémie Reuiller

Pour réaliser une course pleine, il faut sur la ligne de départ, ne pas céder à la pression ou à la peur, pour cela je vous encourage et réaliser trois fois le processus respiratoire suivant : inspiration profonde par le nez, bloquer 10 secondes et expiration lente et continue par la bouche. Ce processus permet d’apporter de l’air frais au cerveau, de sécréter des déchets pendant les 10 secondes (essentiellement du CO2), d’inhiber les pensées parasites et de les évacuer lors de l’expiration. Cela permet de stopper le processus de panique/peur/excitation et de faire redescendre la pression artérielle. De fait le corps est plus relâché et le cerveau plus disponible et concentré. Il sera alors plus à l’écoute des sensations renvoyées par le corps et plus à même de prendre les bonnes décisions pour aller au bout (manger, ralentir, accélérer, s’habiller pour se réchauffer, …).

Être finisher de la MB Ultra Somfy, ce n’est pas essayer d’être plus fort que son corps et de ne pas l’écouter. Au contraire, c’est le mettre au centre de toutes les attentions et de, sans cesse, le questionner pour connaitre l’état dans lequel il se trouve, le respecter. Et faites-moi confiance, il vous le rendra de la plus belle des manières en vous faisant franchir l’arche d’arrivée dans les barrières horaires. Et quand bien même vous n’y arrivez pas cette année, cela vous fera une très bonne base de sensations et d’expérience pour en tirer le positif et revenir l’année suivante !

Crédit photo : ©Victor Ramseyer

Maintenant que vous avez les premières clés pour aborder la préparation mentale, on vous laisse l’ajouter à votre entrainement et on espère vous voir remonter à bloc sur la ligne de départ en juin prochain ! Et d’ailleurs si vous n’êtes pas encore inscrits, rendez vous sur le site internet de la MB Race : mb-race.com

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