L’ORBEA Occam, un All Mountain audacieux

Notre dernier « coup de cœur » chez Culture Vélo, c’est l’Orbéa Occam version 2016. Depuis plusieurs années ce modèle était réservé exclusivement aux crosseurs jusqu’à cette dernière évolution.

De celle-ci, deux versions en sont nées, l’AM et le TR. Ce sont malgré tout, deux vélos qui diffèrent par le diamètre des roues, la géométrie et le débattement. Alors pour en savoir un peu plus, nous avons pris contact avec la marque Espagnole pour qu’elle nous dégote un de leur dernier né.

L’AM M10 sera notre choix car il semble s’inscrire parfaitement dans cette nouvelle génération de All Mountain : joueur, performant et un brin intrépide.

OCCAM : Evolution

Simplement en comparant les modèles 2015 et 2016, on comprend facilement l’attraction provoquée par ces deux nouvelles versions.

Le look est incomparable et pourtant on distingue encore les traits de famille du prédécesseur.

La révolution commence par le choix des couleurs pour l’ensemble de la gamme, elle est mixée avec du turquoise, du noir mat et du orange brillant : « 

Des couleurs tendances qui témoigne de l’ambition du modèle ».

Grâce au développement d’un cadre aluminium et d’un autre en carbone, les modèles s’échelonnent de 2 099€ à 7 599€.

Pour satisfaire les petites bourses, les montages sur cadre aluminium méritent l’attention de plus le cadre hydro formé est magnifique.

Les similitudes techniques entre les deux cadres sont reprises dans le but d’obtenir des vélos les plus proches possibles au niveau du comportement et de l’esthétique.

Occam 2015, Occam AM, TR 2016, OCCAM AM H10 (ALU)

OCCAM AM M10 : Essais

Pendant ces 4 semaines de mise à disposition nous avons de suite roulé, réglé, appris et adapté, dans le but d’adopter le vélo comme si nous venions de l’acquérir.

Pourquoi ? Pour ne pas être pollué d’idée préconçue, ou autre fiche technique qui influence le ressenti.

1ère sortie : Causse du Quercy Blanc (46) :

Cette première sortie est à classer comme une sortie de mise en jambes, sur un parcours assez roulant : 65% de chemin caillouteux, 20% de single et assez peu de dénivelé, pour cumuler au total 50 km.

Un parcours parfait pour tester les capacités de roulage, de relance, de confort et pour donner les premières impressions.

Dès les premiers kilomètres, les montées et descentes sèches s’enchaînent mettant du rythme à la sortie. Visiblement ce vélo n’est pas paresseux, ces accélérations sont franches ; et pourtant l’amortisseur est ouvert.

Ce premier constat met en évidence les qualités de la cinématique, de la rigidité du cadre et du dynamisme des roues DT.

Par contre en descente, ce n’est pas encore les sensations idéales malgré l’aisance et la liberté de placement, la position idéale n’est pas évidente à trouver pour générer du grip.

Le sol fuyant de ces descentes ultra courtes n’aidant pas à identifier clairement ces mauvaises sensations ; nous serons mitigés entre l’équilibrage des suspensions, la géométrie et la pression des pneus.

La suite du parcours se situant sur le « Causse » avec des chemins larges et caillouteux qui relient un village à un autre, nous pourrons vérifier les qualités de roulage et de confort qui sont très importantes pour conserver une vitesse élevée sans fatiguer le pilote trop rapidement.

Du côté des suspensions arrière et avant, que du bon, elles se révèlent très sensibles aux petits chocs et les pneus à gros volume, avec leur carcasse Exo, augmentent cette sensation de confort.

La position de pédalage est assez proche d’un vélo d’enduro, ce qui n’est pas pour nous déplaire.

Le rendement des roues est bon ; les pneus Maxxis Ardent 2.25 et leur gomme MaxxTerra consomment assez peu d’énergie.

La somme permet d’être tranquillement installé sur la selle et de faire défiler les kilomètres.

L’équilibre est tellement parfait pour ce genre de terrain que bien souvent nous sommes surpris de trouver la position « ouverte » de l’amortisseur. Les accélérations sont franches et l’amorti est parfait.

Un petit bémol du côté de la transmission avec le plateau de 28 dents qui limite un peu la vitesse sur les faux plats descendants.

Mais après réflexion, serait-ce son terrain de prédilection ? (Pas vraiment !)

2ème et 3ème sortie : Gorge de l’Aveyron (82)

Si le premier terrain de jeux à déjà mis en évidence certaines qualités, nous voici de retour sur un terrain plus proche des ambitions de cet Occam AM. 

Cette région regorge de sentiers plus ou moins techniques mais avec les mêmes constantes : le guidon passe très proche des buissons, les appuis sont très précaires et les bonnes traces sont souvent uniques et courtes !

Alors la précision et le dynamisme sont donc de mise.

Du côté des montées, elles sont bien raides, semées de pierres roulantes, cumulant des dénivelés de 300m.

Une position adéquate, une balance des masses et une suspension stable sont vraiment importantes.

Les premières ascensions techniques s’enchaînent difficilement malgré notre grande ténacité ; mais impossible de trouver la motricité, de garder une position confortable et par conséquent de jouer du dynamisme du premier jour.

Le cadre étant très rigide, chaque erreur se paie cash, apparemment mieux vaut avoir un peu de finesse concernant les réglages de suspension et de pression des pneus.

Donc après quelques essais et réglages de suspension.

la balance avant-arrière est équilibrée. Cela montre l’importance de la finesse des réglages de ce vélo, notamment au niveau de l’amortisseur.

A partir de ce moment-là, on a cette sensation de « déclic » où tous les obstacles deviennent faciles, le vélo répond aux sollicitations du pilote et le dénivelé s’avale sans difficulté même les passages délicats sur lesquels nous avions échoué.

En descente, sur ces terrains très peu tolérants, le constat est le même : les réglages et la nécessité de s’adapter au vélo.

La géométrie est parfaite pour se faire plaisir au guidon mais en dynamique il y a un petit truc qui cloche pour se lâcher rapidement.

Un petit temps d’adaptation permet de résoudre rapidement cette gêne et au final on en finit presque par oublier le vélo car le pilotage devient instinctif !

L’amortissement est impressionnant malgré l’amortisseur Float à petit volume et associé à la rigidité du cadre, cela permet de donner du grip au vélo.

De plus la fourche Fox 34 se comporte bien et offre un maintien intéressant. Cette combinaison donne la précision nécessaire pour virevolter entre les chênes et les genièvres.

A la fin de ces deux journées, nous roulions sans même plus penser au vélo, tant il était naturel de se déplacer avec ! Et chaque difficulté donnait envie de l’affronter !

4ème sortie : Bruniquel

Après ces sorties qui nous aurons permis d’appréhender l’Occam AM, nous sommes revenu sur un de nos terrains favoris de test à savoir Bruniquel, pour y pratiquer le décorticage des aptitudes techniques et ludique du vélo.

Assiette et amortissement : Malgré les difficultés rencontrées au début, les réglages ont résolus toutes les difficultés.

Il en résulte un vélo bien équilibré en montée permettant d’être à l’aise dans les fortes pentes et le trialisant. Sur les freinages, le vélo réagit de façon homogène à l’avant comme à l’arrière.

L’amortissement est très performant ce qui garantit du confort au pédalage et de conserver ses lignes tendues en descentes.

Les grosses courbes : Quand on « rentre fort » dans les courbes, on génère de grosses forces sur le cadre et sur les roues ce qui pourrait rompre l’équilibre de cette position instable. Mais l’Occam emmagasine ces contraintes grâce à son cadre puissant et ces bonnes suspensions.

Les sections rapides : il adore ! Sa précision et sa stabilité lui permettent de se jouer du terrain et même de se faire quelques fantaisies. La potence courte permet de conserver la précision offerte par le cadre.

Maniabilité : dans les virages à plat et sur sol fuyant, le grip est facilement trouver par sa géométrie et la liberté de mouvement du pilote à le placer en courbe.

Chaque vélo à son caractère. Lui, il est plutôt « joueur » L’Occam se prête parfaitement au jeu des bunnys-up et des wheelings. Son dynamisme et sa suspension réactive facilitent ces mouvements.

OCCAM AM : Présentation

Beaucoup de qualités ont été mises en avant lors des essais, nous allons tenter de comprendre pourquoi nous avons eu toutes ces sensations.

Le cadre : Il est issu du fruit de développement collaboratif entre le savoir-faire d’Orbéa et un logiciel de simulation fonctionnant sur des bases de données acquises lors de multiples essais.

Ces procédés permettent de gagner du temps au développement, d’obtenir des résultats très proches des ambitions et de perfectionner le vélo.

Les cotes de l’Occam AM sont très agressives pour la catégorie. Nous remarquons notamment que les bases sont très courtes, 425mm, ce qui procure cette maniabilité impressionnante.

C’est aussi probablement ce paramètre qui nous a perturbés en début d’essai car le pilote n’est plus au centre du vélo mais sur l’arrière.

L’angle de direction est assez ouvert pour rassurer le pilote mais sans excès afin de ne pas perdre en maniabilité.

Le boitier de pédalier est très bas avec ces 340mm, ceci offre de la stabilité.

L’angle de selle est très droit, 75°, cela permet de conserver une position de pédalage confortable pour de longues sorties.

Pour notre mètre soixante-quinze, la taille M avec la potence en 50mm semble être la taille idéale.

La construction du cadre : Le cadre est construit entièrement en carbone de haut module. Le cadre est composé d’un triangle avant monocoque et d’un triangle arrière monobloc : Très simple et pourtant !

Le concept OMR constitue le cœur de la construction du cadre : diminuer toutes les pièces, diminuer les collages, éliminer les inserts.

Le but est de limiter la masse du cadre, de limiter les zones fragiles, d’augmenter la rigidité ; bref de simplifier la composition du cadre.

Le résultat est magnifique, le poids du cadre est très limité et il obtient la garantie à vie.

Pour une meilleure transmission des énergies entre le pilote et le cadre, les composants périphériques comme l’axe de roue arrière, le boitier de pédalier et les roulements de directions sont directement fixés dans le carbone.

L’OMR jusqu’au bout !

Les dimensions et formes de chaque section du cadre sont optimisées afin de répondre aux contraintes importantes et exigeantes d’un vélo d’enduro.

Le concept du « minimalisme » s’est propagé au triangle arrière : Pas de point de pivot sur les haubans mais un système très ingénieux, l’UFO.

Les degrés de liberté manquants sont absorbés par la flexion des haubans en carbone.

Les sensations de rigidité très fortes lors des accélérations sont provoquées principalement par ce système.

De plus l’axe de tension de chaîne passe par le point de pivot de la suspension donc les effets de la transmission sur celle-ci sont faibles.

Le Boost 148 renforce cette rigidité arrière, en effet grâce à l’élargissement de la roue arrière, on obtient un parapluie de roue plus penché donc plus rigide latéralement.

Ce nouveau standard permet également de loger l’étrier de frein entre le hauban et la base.

Bonus : on élimine la patte de fixation et fiabilise cette partie du cadre bien souvent fragilisée par les contraintes des freins.

Comme nous l’avons précisé plutôt, le boitier de pédalier est directement fixé dans le carbone et le choix de forme du boitier n’est pas non plus laissé au hasard.

Le PF92 permet d’obtenir un boitier de pédalier très large, gros en diamètre et par conséquent rigide. Le meilleur choix pour la transmission d’énergie.

Les finitions : Dans un souci de détails, on observe que l’axe du triangle arrière est lié à la base grâce à des expandeurs ce qui élimine toute possibilité de jeu, de perte d’énergie et de pré charge excessive sur les roulements.

Le passage de gaine sous le point pivot de la suspension est astucieux car il limite les effets de boucle et minimise leur longueur.

Les protections du cadre sont minimalistes mais efficaces. Aucun impact de caillou sous le tube diagonal ce qui atteste de l’efficacité de la bande de caoutchouc adhésive.

De même pour la protection de base très épaisse permet d’éviter les contacts entre la chaîne et la base.

Une plaque de guidage évite le déraillement et protège la couronne des chocs.

L’amortisseur, il est tellement bien intégré au cadre, la question ne se pose pas de le changer. De plus que pour une utilisation All-mountain la courbe de l’amortisseur est « tuné » spécifiquement au cadre.

Fourche : La 34 en 150mm n’a plus besoin de présentation, déjà plébiscitée dans de nombreux essais, elle participe à la performance du vélo.

Transmission : notre montage mono-plateau en 28dents, permet de goûter à la joie du mono sans souffrir de ratio trop élevé. Ainsi, pas besoin de période d’adaptation pour les novices... Il permet également de s’échapper en montagne pour de longues ascensions.

Freinage : Les freins XT en 180mm à l’avant et 160mm à l’arrière se comportent bien en descente. Le touché est excellent après un petit rodage des plaquettes.

Le poste de pilotage : composé de la potence Race Face Atlas en 50 et du cintre Next en 760, le poste de pilotage est sobre mais classe.

Grâce au mono plateau et aux manettes intégrées au levier de frein, le cintre est épuré. L’image « simple » du vélo est conservé.

Les roues : les DT M1700 sont un compromis très raisonnable entre la performance, l’esthétique et le prix. La finition des moyeux est sublime.

Probablement que ces roues conviennent mieux au vélo que la version carbone DT Spline XMC-1200 du fait de la grande rigidité du cadre et du programme plutôt ludique du vélo.

L’assise : le confort est lui aussi souvent à l’origine d’une bonne selle. La Fizik Gobi est idéale pour les longues sorties. Elle est compléter par l’indétrônable Reverb.

Conclusion :

Pour conclure, Nous dirons que ce vélo ne passe pas inaperçu ni sur les chemins ni dans les mags. Evidemment l’élégance du cadre n’y est pas pour rien ! Egalement, ces qualités techniques sont parfaitement orientées vers la tendance actuelle : joueur, performant et intrépide.

Il pourrait assez bien accepter une fourche de 160mm afin de l’orienter vers un programme Enduro light.

Le vélo parfait pour un programme varié allant de petites randonnées sportives jusqu’au raid de montagne en passant par des courses sur format « rallye ». Pour les pilotes aimant le côté ludique du VTT.

Le mot de la fin :

« Le plus dur est souvent de faire simple ! Orbéa frappe fort avec cette nouvelle version dans le segment de l’All-mountain ».

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