Les tests Culture Vélo

Notre TDF avec le nouveau Supersix Evo du team Cannondale-Garmin

Si vous nous suivez régulièrement, vous savez tout le bien que l’on pense de la marque américaine Cannondale.

Vous saurez également que leur gamme 2016 (à découvrir largement ici) nous a beaucoup plu.

Nous avions d’ailleurs consacré un paragraphe complet sur les évolutions entre le Supersix Evo du dernier millésime et le nouveau pour 2016. Mais nous en étions restés au stade théorique, croyant les yeux fermés le discours de la firme américaine qui vendait son nouveau vélo haut de gamme comme + léger, + rigide, + confortable,…

On a eu entre nos mains ce bijou : le nouveau SuperSixEvo du team RideArgyle (Cannondale-Garmin)Il vous plait ? ;)A retrouver en test complet très vite !

Posted by Culture Vélo on mercredi 2 septembre 2015

Très séduisantes sur le papier, ces affirmations se devaient d’être vérifiées sur le terrain.

Cela l’a tout d’abord été par le team Cannondale-Garmin lui-même qui a utilisé ce tout nouveau vélo à partir du tour de suisse et bien évidemment sur tout le Tour de France.

Malheureusement, aucun membre de la rédaction n’ayant été retenu par Jonathan Vaughters pour rouler aux côtés de Dan Martin et Ryder Hesjedal, nous avons réalisé notre test de notre côté.

Avec le même vélo, le Supersix Evo Hi Mod Team Issue, mais sur notre propre parcours (non validé officiellement par ASO).

PRESENTATION

Chaque Grand Tour, et le Tour de France ne déroge pas à la règle, commence par la présentation des équipes. L’occasion pour les sponsors et l’équipementier technique de se montrer sous leur meilleur jour.

C’est d’ailleurs souvent à ce moment précis (la présentation du TDF) que certaines équipes décident de modifier sensiblement leur tenue pour fêter l’occasion.

Ce fût le cas de l’équipe Cannondale-Garmin qui a abandonné le temps d’un tour son maillot Castelli Noir à losanges pour un ensemble vert pomme complet. On aime ou non.

Pour notre tour « à nous » pas de coucou sur le podium protocolaire ni de présentation détaillée du palmarès des 10 dernières années du pilote testeur par Daniel Mangeas mais une découverte du matériel qui a fait briller bien des yeux.

Le vélo reçu, nous voyons tout de suite l’évolution avec les anciens Supersix Evo (des anciens millésimes) que nous avons pu avoir entre les mains.

Le Cadre
Le cadre a un look bien plus agressif. Très peu slopping mais une impression donnée par le tube supérieur qui est bien plus large au niveau de sa base, pour finir plus finement au niveau du tube de selle.

La fibre Carbone Hi-Mod (que l’on peut retrouver sur le Synapse, le vélo des classiques flandriennes de l’équipe) n’est pas apparente mais recouverte de la peinture « Team » chrome, noir et verte.

Le Groupe
Le groupe Shimano Dura-Ace Di2 donne également tout de suite un look incomparable au vélo. Vous êtes obligé de « respecter » un vélo équipé de ce groupe quand vous le voyez. Vous avez beau ne pas connaitre le modèle, lorsque vous reconnaissez cet équipement, vous savez que l’on est pas là pour rigoler.

Précisons que l’intégration de toute la câblerie à l’intérieur du cadre est absolument sublime, on a presque l’impression d’avoir un vélo wireless !

Les Roues


Le team Cannondale-Garmin est officiellement sponsorisé par la manufacture française de roues Mavic. On peut le voir d’ailleurs sur les bandes du cuissard du team qui mettent très largement en avant le leader de l’industrie lorsque l’on parle de roues.

C’est donc sans surprise que notre modèle était équipé d’un modèle de cette marque. Les CC40 que nous avions eu l’opportunité de tester par le passé (test à relire ici : http://www.culturevelo.com/MAVIC-CC40)

Des roues carbones à pneus qui participent au look global agressif du vélo.

Le Pédalier

Rouler sur Cannondale, c’est montrer sa différence et cela passe par le pédalier. Seule infidélité au groupe complet Dura Ace Di2, le vélo est équipé du pédalier « Spider » avec des plateaux « semi-compact » de 36 et 52 dents.

Si certains critiqueront la difficulté de changement des plateaux (pas de vis, obligé de démonter le pédalier », ils seront obligés de reconnaitre qu’il a une « gueule » d’enfer, contribue au look global du vélo et surtout est ultra rigide.

Les Composants


Sur ce modèle Team, pas de surprise, on fait confiance au haut de gamme avec une selle Fizik Arione R3, un combo potence-cintre FSA Carbon KForce, une guidoline Fizik, et la tige de selle propriétaire Cannondale Save.

Pour tous les détails sur la configuration de ce vélo, rendez-vous ici

Mais fini de l’observer, ce vélo est certes très beau, arrange la déco de votre appartement ou rend votre garage brillant, ce vélo est fait pour rouler, c’est parti pour notre Tour de France perso !

1ERES ETAPES : LA MONTAGNE DANS LES PYRENEES

Les premiers tours de roues sur Hautacam

Les grands tours débutent souvent par un prologue (ou un mini-chrono comme ce fut le cas cette année sur le TDF, ou un petit chrono par équipe comme il est souvent le cas que le Giro) mais ce sont les vélos de contre-la-montre qui sont utilisés. Dans le cas du team Cannondale-Garmin, ce sera donc le modèle Slice qui sera utilisé.

Du coup, pas de chrono pour nous mais des premières étapes dans les Pyrénées ! (nous vous avions prévenu que le parcours n’était pas homologué par ASO,…)

Pour commencer notre test, nous allons donc passer deux jours dans les Pyrénées, dans les environs d’Argeles Gazost pour monter des cols. Et la première ascension sera la fameuse montée d’Hautacam !

Une montée au nom fameux mais qui pourtant n’a été escaladé que 5 fois dans le cadre du Tour de France, la première fois en 1994 avec la victoire au sommet de Luc Leblanc et la dernière fois l’année dernière avec une démonstration de Vincenzo Nibali.

De notre côté après une quinzaine de kilomètres d’échauffement et donc nos premiers tours de roues sur le vélo d’Andrew Talansky, nous avons tout de suite été incroyablement saisi par sa légéreté (moins de 6,5 kilos) et par son comportement en danseuse.

La sensation que l’on ressent lorsque l’on se met debout sur les pédales la première fois sur ce vélo est quelque chose que l’on ne ressent qu’extrêmement rarement. Une impression d’ultra légéreté et de relance immédiate. Comme-ci le vélo avançait tout seul. Et on vous le confirme, pas de moteur de vélo.

C’est donc avec cette sensation grisante et l’excitation d’avoir un vélo hors du commun entre les mains que nous débutons l’ascension d’Hautacam.

La particularité de cette montée est son irrégularité. Certains aiment, certains détestent (comme Thibaut Pinot qui préfère les montées régulières), mais ce col compte de nombreux replats entre les pourcentages importants.

De notre côté, nous avons très fortement apprécié le comportement du vélo sur ce profil de montée pour plusieurs raisons. Tout d’abord, sa légéreté et son rendement font que vous ne piochez pas dans les forts pourcentages (du moins pas avant les 8-9 %, car au-delà le petit plateau de 36 devient trop gros sur des passages de plus de 500mètres). Mais ensuite, nous avons pris un pied incroyable à relancer le vélo dans ces fameux replats, vous arrivez à reprendre de la vitesse tout en récupérant ! C’est assez incroyable pour être noté !

Les 14,5km de montée (car oui nous n’envisagions pas de nous arrêter au niveau du parking des camping-cars, mais avons bien évidemment poursuivi la montée jusqu’à Tramassel) sont donc passés très vite, malgré un temps bien supérieur à celui de Bjarn Riis en 1996 (ce qui est cependant rassurant pour nous) et ont été très agréable, prenant beaucoup de plaisir à doubler certains cyclos qui avaient tous les yeux rivés sur notre beau vélo et à accélérer dans les replats.

Une boisson gazeuse américaine plus tard et un journal enfilé sous notre maillot, il est temps d’attaquer la descente (Hautacam ne proposant qu’une seule route, nous avons donc fait demi-tour) et là, la deuxième bonne surprise de la sortie est apparue (après la sensation ressentie lorsque l’on s’est dressé sur les pédales pour la première fois) : le comportement du poste de pilotage en descente.

Mains en bas du guidon, on attaque assez prudemment la descente avant d’enchainer les premiers lacets et de se rendre compte de la maniabilité du vélo. C’est bien simple : vous pouvez placer votre roue avant absolument où vous voulez, vous penchez le vélo avec une facilité déconcertante et vous enchainez les flips-flops (gauche-droite) en ouvrant les genoux tout en souplesse.

Si bien que sans s’en rendre compte, nous étions réellement en train d’attaquer dans cette descente ! Nous doublions les voitures, relancions entre les courbes (le braquet de 52-11 étant amplement suffisant), sans pour autant prendre des risques incroyables (pas de virages coupés, enfin, assez peu).

En tout cas, une nouvelle fois, un grand plaisir a été pris dans cette première descente avec le Supersix Evo et il fut intéressant d’analyser le chrono après la sortie. Bilan : dans les 250 meilleurs temps sur Strava (sur plus de 5500) à plus de 50 de moyenne et des pointes à 75km/h.

Bilan de cette première journée extrêmement positif avec beaucoup de plaisir de pris et un vélo qui nous a déjà complétement conquis dans la Montagne.

Mais il est temps de se reposer car le lendemain, une nouvelle grande journée pyrénéenne nous attend et malheureusement pour nous, nous n’avions pas de masseur de mis à disposition…

La confirmation dans le Soulor et l’Aubisque

Notre deuxième étape dans le massif du sud de la France était également très pentues puisque nous avion prévus d’enchainer montée du Soulor et de l’Aubisque à partir d’Argeles Gazost.

La première partie de l’ascension étant (assez) roulante, c’était l’occasion de tester le vélo dans une montée grand plateau (dans les 3-4%) une fois la sortie d’Argeles Gazost passée (très pentue pour un début de sortie !)

Le vélo se comporte très bien sur le plat et donne envie de « taper dedans » sans pour autant être exigeant. On se retiendra cependant de dépasser les 30km/h étant donné ce qui s’annonce devant nous.

C’est donc « chaud » que nous arrivons en bas du col du Soulor à Arrens-Marsous (officiellement le bas du col est à Argeles mais il débute réellement à Arrens). Et là c’est un col totalement différent d’Hautacam que nous attaquons. Le Soulor est très régulier (environ 8km à 8,5%) et très difficile.

Contrairement à Hautacam, aucune phase de récupération ! Le col est très dur et le vélo nous aide bien avec sa légéreté. Cependant, ce que nous avions pu apercevoir dans les plus forts pourcentages d’Hautacam va se confirmer : le 36 dents à l’avant est trop limite si l’on souhaite assurer une cadence de pédalage acceptable (du moins pour un coureur de notre niveau)

C’est assez fatigué que nous arrivons en haut mais le reste n’est que beauté. La transition Soulor-Aubisque est probablement l’une des plus belle route que nous ayons eu l’occasion de rouler.

Vous avez vue sur toutes les Pyrénées, le vide est à côté de vous et vous roulez sur des routes au pourcentage assez faible ce qui vous permet de profiter totalement du paysage.

Une fois arrivés en haut du fameux Aubisque, la photo s’impose.

La pose prise à côté des 3 vélos géants (1 pour chaque maillot distinctif du Tour de France : vert, jaune et blanc à pois rouges) et un expresso jeté dans l’estomac, il est temps de se lancer dans la descente, en prenant moins de risques que la veille du à la fatigue et à plus de monde sur la route.

A l’arrivée de notre périple Pyrénéen, un constat s’impose, ce vélo est une bombe pour la montagne, même si il nous manque un peu de "caisse" pour bien emmener le 36 dents. Nous espérons dorénavant que le vélo réagisse bien sur d’autres types de parcours.

2EME ETAPE : UNE ARDENNAISE DANS LE GERS

Beaucoup de coureurs dans le peloton amènent dorénavant 2 vélos différents (3 si l’on compte le vélo de chrono) sur un Grand Tour : un vélo aéro pour les étapes de plat et un vélo ultra-light pour la montagne.

Ce n’est pas le cas du team Cannondale-Garmin qui a roulé tout le Tour avec un seul vélo (mis à part l’étape des pavés où les coureurs étaient sur le Synapse). Il faut donc croire que ce Supersix Evo est ultra complet et efficace sur tous les terrains.

Après quelques sorties de moins de 50km avec peu de dénivelé dans la région de la Gascogne Toulousaine, il était temps de s’attaquer à une sortie longue distance. Au menu : + de 150km sur le parcours de la Marion Clignet, la fameuse cyclo-sportive locale.

La particularité de la région est que l’on ne roule jamais sur du plat, les routes sont tout le temps extrêmement vallonnée et surtout dans un piteux état dès que l’on sort des grands axes. En deux mots : Un Chantier.

De quoi juger du confort sur ce vélo car c’était l’un des arguments majeurs sur le papier.

Après une première heure à rouler dans des conditions plus ou moins convenables (peu de vent), la pluie fait son apparition. De quoi rajouter de la difficulté à une sortie qui s’annonçait déjà longue.

Le Tour avait cette année sa mini Flèche Wallonne au parcours lors de la première semaine, nous aurons de notre côté un mini Liège-Bastogne-Liège (avec tout de même moins de dénivelé).

Outre les points forts que nous avions déjà pu voir en montagne, à savoir la légéreté, la capacité de relance et la précision du pilotage, nous avons découvert que l’on pouvait « borner » sur des routes défoncés sans finir avec un mal de dos ou aux cervicales…

Un confort qui est le résultat de nombreux éléments et notamment la technologie Save de Cannondale que l’on retrouve sur la tige de selle et la fourche. Un confort que le nouveau cadre et notamment son nouveau boitier de pédalier accroit en absorbant grand nombre de vibrations.

La guidoline et le poste de pilotage sont aussi également très agréables, si bien que nous avons pu parcourir les 160km de notre parcours sans finir avec les poignets engourdis.

Alors bien sûr, une fois la barre des 150kms franchie, la fatigue est palpable et le vélo ne peut pas tout faire pour vous mais le fait de ne pas avoir de douleur parce que l’on a eu trop les mains en bas du guidon ou encaisser trop de vibrations et un vrai point fort, que les coursiers professionnels sauront apprécier autant que vous.

Contrat rempli.

3EME ETAPE : DU PLAT DANS LE BOURBONNAIS

Le bourbonnais est une région située entre l’Auvergne (au Sud), le Limousin (à l’Ouest) et le Berry (au Nord). Globalement c’est une terre qui comprend le département de l’Allier, une petite partie de la Creuse et un morceau du Cher.

C’est la région dont est originaire la révélation de l’année des ardennaises : Julian Alaphilippe.

Une région avec de nombreux pratiquants au niveau régional mais qui a eu du mal à sortir de sa région des champions (un seul vainqueur du TDF : Roger Walkowiak en 1956…)

Pourtant, cette année, ce petit pays enverra 2 représentants français aux championnats du monde : Julian donc et Florian Vachon, coureur de l’équipe Bretagne-Séché Environnement.

Une région où vous pouvez rouler sur à peu près tous les terrains (mis à part les cols), à vous de choisir entre du plat, des bosses, des vallons,…

De notre côté nous choisirons de rouler sur du plat et du bitume qui « rend » pour tester notre vélo sur ces conditions.

Il se comportera idéalement, à plus de 30 km/h de moyenne, conservant longtemps sa vitesse sans avoir besoin de relancer une fois la machine lancée.

Les roues rendent vraiment bien, le braquet est parfait, rien à envier à un aéro. Alors oui, un modèle spécifiquement étudié pour le plat vous fera gagner quelques watts quand vous lutter contre le vent, mais honnêtement, combien d’entre vous sont prêts à se priver d’un vélo efficace sur tous les terrains (montagnes, vallons,…) et confortable pour ces gains marginaux ?

4EME ET DERNIERE ETAPE : LA MOYENNE MONTAGNE ESPAGNOLE

C’est après un bon pâté aux pommes de terres, spécialité de la dernière région parcourue et plat déconseillé aux coureurs professionnels en pleine saison que nous partons pour notre dernière grande aventure au guidon de notre Cannondale SuperSix Evo.

D’ordinaire, le Tour de France se finit sur les Champs Elysees mais de notre côté nous innoverons (nous ne voulons pas rouler dans la roue d’un Velib’,…) en allant rouler en Espagne !

Finalement, le Tour passe souvent à l’étranger et c’est sur un parcours longeant la Méditerranée (au retour), une boucle partant de Cadaquès (la fameuse ville de Salvador Dali) , allant chercher le col de Banyuls côté espagnol pour finir par longer toute la côte de Cerbère à Cadaquès donc.

Un parcours de 130km pour 3000m de dénivelé qui nous a fait transpirer une dernière fois sur ce beau vélo.

Un comportement toujours aussi idéal du vélo car les pourcentages n’ont jamais été très forts et des paysages magnifiques.

Si nous avions besoin d’une nouvelle confirmation, ce vélo est vraiment à l’aise sur tous les terrains.

PODIUM ET BILAN

Comme vous l’aurez compris, ce vélo est donc fait pour tous les terrains, il est ultra-complet, ultra-performant, confortable et super grisant à rouler.

Faire le choix du Cannondale SuperSixEvo, c’est décider de ne pas trancher entre la passion et la raison. C’est d’avoir les deux. Si bien qu’il fut extrêmement compliqué (et triste), de passer sur un autre vélo, une fois notre été et test terminé.

Nous avons trop vite tendance à nous habituer à la qualité, la faisant devenir « normale », mais ce n’est pas le cas, le vélo est juste EXTRA-ordinaire.

Mais un vélo haut de gamme que l’on peut mettre entre toutes les mains, que l’on soit très sportifs ou un peu moins.

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